INTERVIEW : Rencontre avec Toma

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C’est au mois de septembre que Toma sortira son nouvel album « Chez moi ». Nous l’avons rencontré près du quartier de la Bastille à Paris afin qu’il nous parle un peu plus de lui et de ses nouveaux projets.

JustMusic.fr : Quel est l’origine de ton nom de scène Toma ?

Toma : C’est mon prénom de naissance. J’ai enlevé le « h » et le « s » et ça a donné Toma. J’avais envie d’avoir un nom qui ressemble à ce que je suis. Je pense que mon patronyme originel est le plus ressemblant. Voilà c’est tout (sourire). Il n’y a vraiment pas d’histoire derrière le nom.

JustMusic.fr : Peux tu résumer ton parcours en quelques lignes ?

Toma : J’ai enregistré un premier album en 2001 qui n’est jamais sorti. Puis ensuite, j’ai un peu galéré, j’ai fait différents boulots, j’étais animateur éducateur, pas mal de trucs comme ça. Ensuite, j’ai rencontré Passi pour enregistrer la chanson « Plus loin » dans la compilation « Dis l’heure 2 ragga ». Cette chanson a pas mal tourné et j’ai commencé un peu à me faire connaitre.

J’ai rencontré mon producteur avec qui j’ai fait mon premier album « Identité » en 2005 et on l’a sorti fin 2006. On a fait ce disque-là, il a eu une petite vie puis ensuite il y a eu  un gros passage à vide.

Il a fallu que je me recentre un peu sur ma musique, sur moi, sur ce que je voulais faire, qui je voulais être et surtout qui je suis vraiment. Et puis j’essayais un peu de trouver une recette pour faire un truc qui serait un peu plus unique que ce que j’ai toujours fait.

Et me voilà maintenant avec mon nouvel album qui sort en septembre 2012 et qui s’appelle « Chez moi ». C’est un album de chansons.

JustMusic.fr : À l’origine, tu évoluais dans un univers plutôt hip hop/dancehall ?

Toma : Pas dancehall, moi je ne revendique vraiment pas faire partie de ce milieu-là. Je suis un « reggae man », ca c’est sûr. Le dancehall, c’est quelque chose de différent contrairement à la Jamaïque. Ici quand on dit « dancehall », ça veut forcément dire « ragga », les mecs qui tchatchent vite et qui sont à la mode, ceux qui font les danses à la « Sean Paul » et tout ça.

Je n’ai rien à voir avec tout ça, je suis un reggae man et j’écoute du reggae depuis toujours. Le dancehall est une autre sphère de ce mouvement musical et je ne l’ai jamais revendiqué. J’ai toujours chanté du reggae et je pense que même quand je chante de la chanson française, il y a du raggae dedans.

JustMusic.fr : Pourtant tu as enregistré ton premier album avec « Shane Brown », un des collaborateurs de « Sean Paul » ?

Toma : En fait, c’est lui qui est venu mixer mais il n’a rien produit sur ce disque-là, c’est nous qui avons tout fait. Il est venu mixer la moitié du disque et l’autre moitié, c’était « Mitch Olivier », un super « ingé » français. « Shane Brown » est également venu pour ça, c’était cool d’ailleurs.

J’aime bien les Jamaïcains, je trouve que ce sont les plus cool dans le raggae, et je trouve que nous sommes un peu chauvins. En France, on a l’impression que ça nous appartient. T’as des mecs qui sont plus Jamaïcains que des Jamaïcains. Ils viennent de Bretagne et cela me fait bien rire, surtout lorsque je rencontre de vrais Jamaïcains avec qui j’aime bien bosser car ils sont cool. Surtout, on ne se doute pas qu’il y ait tant d’albums de « Pop » et de « World Music » qui ont été enregistrés là-bas, c’est incroyable. Les gens se disent qu’ils n’ont que du reggae, pourtant « Sade » a fait quasiment tous ses albums chez eux. Il y a beaucoup de gens qui ont fait beaucoup de disques en Jamaïque. J’aime beaucoup ce pays et les Jamaïcains.

JustMusic.fr : Durant ta période hip hop, tu as fait quelques collaborations avec des pointures du rap français tel que Kery James. Quels souvenirs en gardes tu ?

Toma : Je pense que Kery James est un mec qui est dans le top 3. C’est un artiste que j’estime et un mec humain et très agréable. Mc Tyre c’est pareil. Ces quelques collaborations se sont faites par affinités humaines et par l’envie de faire de la musique ensemble.

Je viens d’enregistrer sur l’album de « Rim’K » une chanson avec « Grand Corps Malade » et « Rim’K » et on a fait ce morceau avec notre cœur. On s’est rencontrés, on se connaissait de vue, on se disait toujours bonjour mais on ne s’était jamais vraiment parlé. On s’est rencontrés, le feeling est passé direct « boum » on a fait le morceau. Ca se passe un peu comme ça, c’est assez simple mais il faut que j’estime le travail des mecs et qu’ils estiment le mien. L’envie de bosser ensemble est aussi une condition très importante.

JustMusic.fr : Peux-tu nous parler de ton meilleur souvenir concernant toutes ces collaborations ?

Toma : Les soirs que j’ai passé avec Kery où l’on a fait notre morceau au « Théâtre des Bouffes du Nord » dernièrement, font partie de mes meilleurs souvenirs en terme de collaboration. Les autres sont des souvenirs un peu personnels qui sont moins intenses que ceux-là. Là, c’était autre chose, j’avais l’impression que l’on partageait quelque chose à un moment précis et on a fait notre chanson « En Manque De » qui est sur son dernier album en date de rap pur. Et franchement, c’était super ! C’était très agréable de le voir dans ces conditions-là et de partager la scène avec lui. C’était un honneur. C’était vraiment des chouettes souvenirs, on l’a fait plusieurs fois, j’ai participé plusieurs fois à son spéctacle et c’était vraiment bien.

JustMusic.fr : Peux-tu nous parler de Jah People ?

Toma : Oh putain, t’es allé chercher loin toi. Qui tu connais ? Qui t’a parlé de Jah People (rires) ?

C’était mon premier groupe de reggae où j’étais choriste. Je n’ai même jamais rien enregistrer en plus avec eux. Ils avaient peut-être sorti un petit cd à vendre mais c’était il y a longtemps, je devais avoir 16 ans et c’était très « rastafaraï ». Je n’étais pas du tout « rasta » mais c’était les potes et on était dans une dynamique de faire de la musique ensemble, de se voir souvent, de répéter souvent. C’est une vraie histoire de groupe qui a eu une fin comme toutes les histoires de groupes de jeunesse.

JustMusic.fr : Peux-tu nous parler de ton dernier single « Les Bâtisseurs de France » ?

Toma : Je viens d’enregistrer un nouvel album qui s’appelle « Chez Moi » d’où est extrait « Les Bâtisseurs de France ». « Non Non Non » est une chanson qui devait être dans l’album mais qui n’y sera pas finalement. Depuis, j’ai eu le temps d’enregistrer d’autres chansons que je trouve plus d’actualité et qui me conviennent mieux maintenant.

L’album « Chez Moi » sera composé d’une douzaine de titres qui sortiront en septembre. J’ai préféré miser sur la qualité et la cohérence de mes chansons que sur la quantité. Ce disque-là, je l’ai enregistré en partie avec Benjamin Constant qui fait les albums d’Ha et Roman Chelminski qui est son guitariste et François Delabrière qui est un super « ingé » son. Il a travaillé avec beaucoup d’artistes parmi lesquels Marc Lavoine. Tout cela pour dire que je suis resté focalisé sur la réalisation d’un album de chansons.

Dernièrement, je viens de finir 4 chansons avec mon pote « Felipe » qui bosse avec Christophe Maé, Féfé et plein de gens. C’est un super compositeur et notre rencontre fut une évidence. Nous sommes devenus très proches et nous nous voyons très souvent. Nous avons fait 4 chansons dont je suis vraiment très fier et dont sont extraits les deux prochains singles. Le premier s’appelle « Dans mes yeux ». C’est une chanson qui parle de l’enfance et de ce que c’est de devenir un homme. Il ne faut pas perdre la petite partie d’enfance que l’on a en soi afin de ne jamais vraiment devenir un adulte, car je trouve ça chiant d’être un adulte. Le second single est un duo avec une artiste que je ne peux pas encore nommer. Mais c’est une vraie chanson d’amour pour les adultes (sourire).

JustMusic.fr : Est-ce que « Les Bâtisseurs de France » est un titre autobiographique ?

Toma : Je travaille toujours avec un miroir, une autre personne. C’est moi qui propose la plupart des phrases écrites dans mes textes bien évidemment. Mais en même temps si je suis avec une personne qui va me filer une super phrase,  je vais la prende. J’écris toutes mes chansons mais cette chanson-là, je l’ai faite avec l’un de mes meilleurs potes qui s’appelle « Elio » et elle n’existerait pas sans lui. Nous étions dans la voiture et on parlait de tous ces gens qui ont construit la France, que l’on ne considère pas forcément et que l’on met à l’écart. C’est cette espèce de débat sur l’identité nationale qui nous avait profondément saoulé en tant que citoyens francais. « Les Bâtisseurs de France » est née autour de notre révolte et de cette fameuse discussion. Nous avons fait cette chanson dans la nuit et après l’avoir écoutée 1 000 fois, le titre est sorti et a eu sa petite vie qui continue toujours d’ailleurs.

JustMusic.fr : Dans ton nouvel album « Chez Moi », y aura-t-il beaucoup de collaborations ?

Toma : Pour le moment, je ne peux pas trop m’exprimer là-dessus. Je suis en train de finaliser les choses donc je ne peux pas donner de noms qui ne seront peut-être pas sur le disque.

JustMusic.fr : Tu es plus « Sting » ou « NTM » aujourd’hui ?

Toma : Je n’ai pas vraiment changé de style, j’ai simplement évolué. L’idée de faire toujours les mêmes chansons et les mêmes disques pour une même communauté ne m’intéresse pas. Malheureusement, dans le mouvement auquel j’avais l’impression d’appartenir à un moment était bien trop communautaire pour moi. Mes chansons sont destinées à tout le monde sans exception.

Concernant la question, je ne peux pas choisir. Ce que tu trouves chez « Sting », tu ne le retrouveras pas chez « NTM » et inversement. J’écoute la musique selon mon humeur comme beaucoup de gens je pense.

JustMusic.fr : Dans quel mouvement musical es-tu aujourd’hui ?

Toma : Le mien et c’est déjà pas mal (rires). Je fais du Toma, j’essaie que ça reste du Toma et que ça ressemble à du Toma.

JustMusic.fr : Quels sont les artistes francophones qui t’inspirent aujourd’hui ?

Toma : La plupart sont des amis et ceux qui ne le sont pas encore le deviendront peut-être. J’aime beaucoup Féfé, Tété, Oxmo Puccino, Kery James, mais aussi Alain Souchon, Georges Brassens et bien d’autres. Finalement, je retombe vite sur des gens qui sont vieux ou morts, des personnes qui ont déjà fait une belle carrière. Mais mon modèle, le mec que j’écoute tout le temps, c’est Ben Harper car c’est lui qui me fait vraiment du bien.

JustMusic.fr : Finalement, tu es passé du « Sampler » à l’acoustique mais tu es toujours le même ?

Toma : C’est un peu ça. Apres, il y a eu une évolution réelle au niveau des textes, du point de vue mais aussi au niveau de la couleur musicale. C’est du Toma sept ans plus tard, donc forcément ce n’est pas le même contenu.

JustMusic.fr : Penses-tu faire partie de cette génération de chanteurs qui sont passés de la jeunesse à la maturité ? Féfé ou Oxmo par exemple parlent beaucoup plus aux trentenaires non ?

Toma : J’ai envie de te dire oui mais en même temps il y a un truc qui me gène toutjours. Il y a un point sur lequel j’ai vraiment envie d’appuyer connaissant Oxmo et Féfé. Féfé si tu lui dis qu’il s’est orienté vers la variété française, je ne suis pas sûr qu’il va te dire « oui oui à fond ». Je pense qu’il va dire « absolument pas », il s’est juste orienté vers Féfé. Et pour Oxmo, il s’est orienté vers Oxmo.

Ces mecs-là font de la musique et ne font pas de calculs. Ils se sont dit « j’ai envie de faire quelque chose qui me parle à moi » et c’est en ça que j’ai la prétention de leur ressembler. Je ne pense pas que ce soit une orientation vers un style de musique mais une introspection permettant de tirer de soi ce qui nous fait vraiment plaisir.

Féfé a toujours chanté et produit des sons pour le Saïan Supa Crew et donc c’etait naturel pour lui de venir à la guitare. C’est la même chose pour Oxmo Puccino. Quand j’écoute leurs albums de chansons, je n’entends plus du rap, je n’entends plus de la variété, j’entends du Féfé et du Oxmo. Ces mecs-là ont leur propre identité et je pense que c’est ça être un artiste. Il y a plein d’autres exemples comme eux mais c’est vrai que ce sont les plus proches de moi, et puis ce sont les plus flagrands.

Avec Féfé, on s’est vraiment rencontrés et rapprochés un peu à partir du moment où on a senti que l’on avait un peu cette démarche similaire. Il m’a invité a faire des premières parties, on est devenus assez copains et on se voit maintenant assez souvent.

JustMusic.fr : Ce passage de 4 ans fut un combat avec toi-même ?

Toma : Oui j’étais pas bien dans mes pompes et ce fut un vrai combat. Je n’étais pas heureux dans la projection de la musique que j’allais peut-être faire. Je me suis dit « Qu’est-ce que t’as vraiment envie de faire ? », « Est-ce que tu veux faire un deuxième disque pour aller sur Skyrock faire le kéké avec des casquettes violettes et des lunettes de soleil ? » ou « Est-ce que tu as envie de faire ta musique ? ».

Je suis musicien depuis que jai 6 ans en commençant par la batterie, 10 ans de conservatoire et de la guitare. J’ai toujours été musicien même si je ne suis pas très bon, mais je suis capable de m’accompagner et de composer des chansons.

J’ai décidé que j’allai faire des chansons qui me ressemblent. Dès que je sentais quelque chose d’un peu calculé, je jetais de suite à la poubelle. C’est cette manière de travailler qui m’a permis de trouver le chemin que je voulais emprunter.  J’ai l’impression d’être sur la bonne voie et aujourd’hui, je suis capable de monter seul sur scène avec ma guitare et de faire plaisir.

Mon dernier album qui sortira au mois de septembre est le fruit de ce travail sur moi-même.

JustMusic.fr : Comment te vois-tu dans 1 an ?

Toma : Je me vois riche avec des filles de petites vertues à Hawaï (rires). Non je plaisante, j’espère juste être heureux, en bonne santé, faire des concerts, écrire des nouvelles chansons pour d’autres avec mes potes qui sont toujours là.

JustMusic.fr : Dans l’une de tes précédentes chansons, tu parles d’un personnage se nommant Ousmane. Est-ce un personnage de fiction ? Qui est-t-il ?

Toma : C’est un de mes meilleurs potes et il existe vraiment ! C’est marrant car tout le monde me demande si cette chanson est une fiction. Tout est absolument vrai et il a lui-même validé les paroles. Cela fait 18 ans que je connais Oussman, nous avons passé toute notre adolescence ensemble. Quand j’était petit, c’était une légende là où j’habitais, un voyou au grand cœur.

Il est toujours génial et s’est rangé en animant et en encadrant les jeunes afin de leur aprendre à être un peu moins vifs. Cette chanson a pour but de montrer que rien n’est jamais tracé à l’avance et que nous sommes maître de notre propre destin.

JustMusic.fr : À l’époque, Joey Starr t’aurait-il laisser rentrer dans sa cave pour enregistrer ton album si tu avais la coupe de cheveux que tu as aujourd’hui ?

Toma : (Éclats de rires) Oui je pense… Didier, je ne peux rien dire d’autre, excepté que je l’adore. Je le remercie pour le soutien depuis le départ, et c’est un mec mortel Didier. Tous les gens qui le connaissent de près se prennent de suite d’affection pour lui. C’est vraiment quelqu’un d’entier et c’est très rare des gens comme lui, ça vaut de l’or. Il est « authentik » (Toma chante les paroles de la chanson « Authentik » quelques secondes en souriant).

Toma : Il parait que tu sais imiter « Buju Banton » ?

Toma : Pas du tout, quand j’était jeune j’essayais de l’imiter mais c’était ridicule. Dailleurs, je ne sais imiter personne (rires).

Retrouvez Toma sur Facebook et sur Twitter.

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Sébastien LESIMPLE 

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